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Faculté de théologie de Genève

lundi 6 janvier 2020, par Nicolas Friedli

Le contraste est ce qui caractérise le mieux la faculté autonome de théologie protestante de l’université de Genève. Contraste entre une institution attachée à sa fondation par Calvin et les cours qu’elle dispense en ligne. Contraste entre une organisation qui change très peu et des offres de formations dans l’air du temps. Entre calvinisme et féminisme, c’est Genève.

À l’échelle de la petite Suisse romande, Genève représente la grande ville internationale. Du point de vue religieux, elle remplit aussi ce rôle, notamment par la présence du Conseil œcuménique des Églises. L’importance historique de Jean Calvin pour le protestantisme mondial vaut à Genève le surnom de « Rome protestante ».

Monument international de la Réformation

L’actuelle faculté de théologie est héritière de l’Académie fondée en 1559, par Calvin lui-même. Elle est située au cœur de la ville à quelques pas du Monument international de la Réformation, connu aussi comme Mur des Réformateurs.

Histoire et tradition

Une consultation attentive du site web de la faculté n’a pas apporté de grandes surprises.

Les disciplines y sont organisées de manière classique, sans grands changements depuis un siècle. Et l’histoire prend une part importante dans la recherche : Institut d’Histoire de la Réformation (IHR), numérisation des œuvres de Calvin.

Le dernier colloque international présent sur le site ne déroge pas à la règle. Classique par son sujet et sa forme : « Le Römerbrief de Karl Barth 100 ans plus tard, quelle actualité ? »

La faculté de théologie de Genève me semble conforme à l’imaginaire que j’ai d’une fac de théologie : austère, rigoureuse, un peu surannée.

Enseignement à distance

Depuis 1998, la faculté propose un bachelor complet à distance. Les contenus proposés sont identiques à la formation en présence ; les exigences également. À ma connaissance, elle était l’une des premières à proposer une telle offre. Et les échos que j’en ai eu sont excellents.

L’existence de cette formation m’interpelle. Serais-je prêt à suivre une formation universitaire de chez moi, sans m’imprégner de l’ambiance d’une ville, d’une institution, des bibliothèques et des soirées estudiantines ? Autrement dit, est-ce que l’université propose uniquement du contenu ou un moment de vie ? Il n’est certainement pas facile de se motiver tous les jours devant son ordinateur. Pas certain que cela soit pour moi, sinon en seconde formation...

Jet d’eau de Genève

Depuis 2016, la formation à distance couvre aussi le master. Ce qui ouvre quelques perspectives intéressantes, comme 3 ans de bachelor en présence puis un master à distance avec rédaction d’un mémoire.

Ce contraste entre tradition et ouverture au monde est vraiment représentatif de Genève. La faculté est bien à sa place !

MOOCs

Ces dernières années, la faculté a proposé 3 MOOCs, des cours gratuits, en ligne, sans conditions d’accès.

Un premier, sans surprise, sur Calvin. Qui d’autre que Genève pouvait le faire ? Deux autres sur la violence et les religions et sur l’éthique philosophique.

Si le contenu de ces formations destinées au grand public est différent de l’enseignement académique, suivre un MOOC me semble être un excellent moyen de découvrir — un peu — une faculté. La capacité des professeurs à vulgariser un sujet est pour moi un sérieux indice de la qualité de leur enseignement ; la vulgarisation exige une excellente connaissance du domaine, une pensée structurée et une préparation rigoureuse.

À essayer avant de s’inscrire !

Personnalités

J’ai régulièrement vu ou entendu le professeur d’histoire Michel Grandjean dans les médias généralistes de Suisse romande, par exemple sur les liens entre religieux et politique. Je l’ai trouvé clair et pertinent.

Si la médiatisation des professeur.e.s ne dit pas tout d’une faculté, elle est un indice de son rapport à la Cité et à la société. Genève fait plutôt bonne figure dans ce domaine.

On pourrait aussi citer le professeur de Nouveau Testament Andreas Dettwiler régulièrement cité dans la Tribune de Genève ou Le Temps

La faculté tient à jour une revue de presse concernant la présence médiatique des ses enseignant.e.s et scientifiques.

Nouveautés !

Jusqu’ici, le retour virtuel en faculté de théologie 20 ans après pourrait donner l’impression que je suis déçu. À plusieurs titres, la faculté de théologie de Genève a peu changé depuis 2000.

La formation à distance, puis les MOOCs n’étant plus une surprise, ce n’est pas tant la forme que les thèmes traités récemment qui me semblent nouveaux.

La réception mondiale de l’ouvrage Une bible des femmes impressionne. Parfaitement en phase avec la société et les réalités actuelles. Bien vu !

Les propositions en lien avec la spiritualité et le programme d’éthique transversale me semblent suivre au mieux les attentes de beaucoup de nos contemporains.

Mon bilan

De la faculté de théologie protestante de Genève, j’ai envie de conclure en disant que C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Sous son aspect traditionnel et immuable, jusqu’à ses bâtiments classiques et statutaires, elle incarne la vieille université. Et dans ses types d’enseignements et ses contenus, quelque chose de très actuel.

Est-ce que j’étudierais aujourd’hui la théologie protestante à Genève ? Je ne répondrai pas avant d’avoir « visité » d’autres facultés. Ce que je sais, c’est que je reste sur ma faim.

Je n’ai pas trouvé la page ou le document qui pourrait me convaincre. La plaquette Étudier la théologie à l’Université de Genève 2019-2020 donne certes des informations précises, mais l’enthousiasme n’y est pas. Et surtout, je ne sais toujours pas vraiment avec quoi riment les études en théologie.

La quête continue.